Cette semaine, Hollande passe au régalien : la synthèse de mes derniers conseils pour rendre Hollande Président

Publié le par blogduconseiller

Lors de notre dernière entrevue la semaine dernière, j’ai établi à François Hollande le diagnostic suivant. Hollande n’est pas encore entré en campagne. Mais la période qui a succédé à son investiture a montré l’inefficacité d’un discours concentré sur les aspects macro-économiques et financiers.

Inefficace parce que la réduction du déficit public et de l’endettement, le rétablissement de la croissance et le triple A apparaissent dans nos études comme des sujets trop complexes, trop peu clivants et jamais imputés à l’action de Nicolas Sarkozy depuis cinq ans. En clair, si le discours économique et budgétaire a permis à Hollande de bétonner son empreinte de « candidat de gauche crédible », il ne lui est d’aucune utilité pour décoller.

Hollande ne parviendra jamais à convaincre l’opinion que la perte du triple A est imputable à la majorité de droite, ni que le rétablissement des comptes publics par Hollande vaut mieux que le rétablissement des comptes publics par Sarkozy.

Il est temps de laisser cela à d’autres. Les porte-parole que sont Cahuzac et Sapin feront parfaitement ce travail de « matelas » de crédibilité pour mener le débat. La campagne présidentielle ne peut pas être cannibalisée par les questions de finances publiques, sauf à vouloir réaliser le serment de François Mitterrand : « Après moi, il n’y aura que des comptables. »

Enfin, ce positionnement monomaniaque avait l’inconvénient de placer Hollande sur le terrain du « comment » : comment réduire les déficits, comment relancer la croissance, comment rééquilibrer la pression fiscale sans altérer les chances de rebond économique, comment abaisser d’un quart de point tel taux sans toucher d’un demi-point à tel autre… Etre dans le « comment », c’est admettre que les objectifs de ses ennemis sont aussi les siens. C’est ne jamais diverger de la droite dans l’ambition que l’on présente aux Français pour 2012.

L’épreuve du régalien va commencer cette semaine. Juste avant Noël, il fallait cristalliser l’opinion prête à s’assoupir sur une image présidentielle de François Hollande. Et aller vers le discours du « pourquoi » plutôt que vers celui du comment.

J’ai fait deux propositions de discours régalien à Hollande. Je sais pour laquelle il a opté, mais je lui laisse évidemment le soin de le révéler en cours de semaine.

1/ La monnaie. La monnaie est, depuis sept siècles en France, une arme de souveraineté. Si le pouvoir de notre nation sur sa monnaie a été abdiqué lors du passage à l’euro, il figurait parmi les attributs des Présidents à l’époque où la France en comptait encore. Notre ancien compagnon Attali a d’ailleurs très bien analysé cela. J’ai donc proposé à Hollande de reprendre à Le Pen et à Mélenchon le discours sur la souveraineté monétaire : au peuple européen sa monnaie comme le peuple chinois contrôle la sienne et les Américains contrôlent la leur. Faisons de l’euro  l’arme de réindustrialisation de l’Europe. Revenons rapidement sur l’indépendance de la BCE.

2/ La défense. La dissuasion nucléaire et la protection des intérêts vitaux de la nation reviennent au président de la République. Hollande doit proposer une actualisation de la doctrine française en la matière, et désinhiber la gauche. Montrer qu’il saurait prendre les bonnes décisions au bon moment, et préparer la France aux menaces de demain.

 

Mercredi 21 décembre : François Hollande met en oeuvre la stratégie prévue : http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20111220.OBS7218/tribune-dissuasion-nucleaire-je-maintiendrai-par-francois-hollande.html

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