Comment nous avons coulé Morin en 24 heures

Publié le par blogduconseiller

J’avoue que j’ai eu plus de succès dans la réalisation de ce mandat qui m’a été confié par l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy que pour la séquence Hollande/Joly. Aux initiés qui me lisent, je veux raconter les coulisses d’une opération éclair dont le succès était attendu mais dont la rapidité nous a nous-mêmes surpris.

 

1/ Nous savions depuis plusieurs jours qu’Hervé Morin annoncerait sa candidature dimanche 28. C’est Claude Guéant qui a directement demandé à Jean-Louis Borloo d’intervenir le soir même sur France 2. Coup double : prendre la place et torpiller la candidature centriste à peine lancée.

Hervé Morin doit alors se contenter du JT de M6 au moment où nous inondions nos contacts de notes rappelant l’état de l’opinion : entre 0,5% et 1% d’intentions de vote pour le candidat Morin. « Moins que la marge d’erreur », martelons-nous à la mi-journée ce dimanche.

 

2/ Nous balisons le terrain dimanche en début d’après-midi et apprenons que Morin a réussi à se faire inviter à la matinale de France Inter. Comme prévu, RTL et Europe 1 n’ont pas voulu de lui. Cependant, nous devons être plus prudents avec la rédaction de France Inter, où nos entrées sont moins nombreuses. C’est un de mes camarades de jeu, proche de Patrick Cohen, qui va se charger de lui transmettre la note blanche que nous avions en réserve sur le cheval de course de Morin.

 

3/ A l’écoute de France Inter lundi matin, je sens Cohen vaciller face à Morin qui ne se défend d’abord pas si mal. Il est vrai que toutes les subtilités gouvernementales des Emirats Arabes Unis n’étaient pas explicitées dans la note blanche, et Cohen est approximatif. Toujours est-il qu’au final le pavé est lancé : il y a bien une affaire Morin, en ce lundi à 9H.

 

4/ Les briefings off du dimanche portent leurs fruits : Duhamel assassine Morin sur RTL, la presse raille la solitude du candidat, abandonné « même par ses amis, surtout par ses amis ».

 

5/ Mercredi 30 novembre, Hervé Morin n’est plus dans l’actu. Hormis pour l’affaire du cheval de course. Les sondages de la semaine mettent en lumière le rapprochement des scores virtuels des deux principaux candidats. L’Obs souligne que le problème du président sortant, c’est son absence de réserve de voix pour le second tour. Voilà l’échec d’Hervé Morin : son « autonomie dans l’allégeance » n’a jamais pu s’affirmer comme une contribution possible à la dynamique de second tour.

 

Séquence terminée.

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