Valls et Montebourg : deux personnages bien plantés pour le feuilleton Hollande 2012

Publié le par blogduconseiller

Difficile de porter un jugement définitif sur la communication du candidat Hollande. Il pourrait certes être plus percutant, plus flamboyant, plus charismatique. En tout cas un reproche ne peut lui être fait : celui de n’avoir pas su donner leur place et leur part de voix aux deux révélations des primaires PS. L’élection présidentielle est bien sûr l’affaire d’un homme, mais la campagne est celle d’une poignée de soldats. Chacun dans son rôle, Valls et Montebourg constituent la garde rapprochée idéale de celui à qui l’on reproche son indécision et sa mollesse.

En communication, j’appelle cela : planter des personnages de feuilleton. Attribuer un rôle à des personnalités et les contraindre de s’y tenir pendant toute une séquence politique. C’est nécessaire pour espérer être compris, suivi et correctement appréhendés par le public.

 

Valls, d’abord : comme pourfendeur-en-chef du bilan et de la personnalité du président sortant, il offre une parade au fait que toute critique du bilan de la droite par la gauche de gouvernement est inaudible. Nous le constatons chaque semaine dans nos groupes « qualis » : les Français considèrent a) que Sarkozy a échoué b) que la gauche ne ferait pas mieux c) que l’échec, une fois au pouvoir, est une fatalité.

C’est là où l’offensive vallsienne fait mouche. C’est parce qu’il est classé « à droite » (ne serait-ce que du PS) tant par les électeurs de gauche que de droite que sa critique du bilan est jugée légitime et recevable (nos « qualis » le montrent : « si même Valls pense qu’il faut virer Sarkozy, c’est un signe », entend-on). Pleinement dans son rôle, Valls permet à l’ensemble de la gauche de gouvernement (en premier lieu au candidat Hollande) de ne pas être impuissante dans l’attaque. Qui pourrait taxer Valls d’antisarkozysme primaire ? Sans lui, aucune critique frontale du bilan de Nicolas Sarkozy ne serait possible, laissant alors la place au combat inégal, projet contre projet – celui dont rêve le président sortant. Ce combat, tant que durera le jeu de dupes autour de la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, se résumera en effet à des tirs de barrage contre chaque proposition et contre tout faux pas de Hollande.

 

Quant à l’autre révélation (la vraie) des primaires PS, quelle efficacité dans la construction de l’enceinte de confinement du Parti Socialiste ! Chacune de ses prises de parole est un renvoi dans les 15 mètres dont la direction du PS revient groggy. A la fois Monsieur anti-corruption et Monsieur anti-libéralisme il est l’allié indispensable de Hollande pour contrer avec les bons mots les tentations radicales, qu’elles soient chevènementistes ou mélenchonistes. En somme, il est l’allié que Jospin n’avait pas en 2002.

 

Deux apprentis-ténors solides et complémentaires, c’est aussi ce que Ségolène Royal n’avait pas à ses côtés en 2007. C’était alors un jeu que de guetter la faiblesse ou la duplicité des marques de soutien des barons du PS. Où sont les éléphants aujourd’hui ? Qui s’en soucie ?

 

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lio 11/01/2012 12:55

oui, bon, en même temps, n'est-il pas à contre-temps, Valls ? Il annonce aux journalistes : pas de dévoilement en un bloc du projet du candidat, que des petites touches thématiques. En fait si, il
y aura bien dévoilement en grandes pompes. Idem sur le quotient familial : écart notable avec le candidat.